moustiqueLe chlorpyrifos a été utilisé pour lutter contre les insectes en agriculture et dans nos maisons. Une synthèse d’études, dont PELAGIE, a révélé le rôle nocif de l’exposition à cette molécule pendant la grossesse, sur la santé de l’enfant à naître.

 

 

 

 

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Le chlorpyrifos est un insecticide organophosphoré à large spectre, ce qui signifie qu’il est efficace contre de nombreux nuisibles. Il est couramment utilisé à l'échelle mondiale en agriculture. Cet insecticide est également utilisé dans nos lieux de vie, pour lutter contre les insectes considérés nuisibles ou ravageurs. C’est une substance neurotoxique qui cible le système nerveux des insectes pour les éliminer.

Plusieurs études épidémiologiques, dont l’étude PELAGIE (Cartier et al.), ont été menées dans le monde depuis deux à trois décennies, pour interroger l’effet du chlorpyrifos sur la santé de l’enfant. La synthèse des résultats de ces études a permis de conclure à un effet nocif sur le neuro-développement du jeune enfant (4-10 ans), en particulier sur son développement psychomoteur (coordination des mouvements, graphisme, …) et sur ses capacités cognitives (raisonnement, langage, ….), notamment lorsque les expositions surviennent dès la grossesse.

En Europe, l’usage du chlorpyrifos dans les produits domestiques est interdit depuis 2008, et son usage en agriculture depuis 2020.

Qu’ont montré les nouveaux résultats de la cohorte PELAGIE sur le chlorpyrifos et la santé des enfants après l’âge de 10 ans?

A leur inclusion dans l’étude PELAGIE (2002-2006), les femmes enceintes avaient fourni un prélèvement urinaire, dans lequel des traces de chlorpyrifos avaient été retrouvées pour 32% d’entre elles (Lizé et al.).

  • Nous avons observé un lien entre cette exposition pendant la grossesse au chlorpyrifos et la présence de symptômes évocateurs du trouble du spectre autistique chez l’enfant à 11 ans. Ce résultat a aussi été rapporté dans d’autres cohortes nord-américaines, mais les mécanismes biologiques qui pourraient expliquer cette association restent à élucider avant de pouvoir conclure définitivement à un lien de causalité (Lizé et al.).
  • A partir d’imageries cérébrales (IRM) réalisées pour une centaine d’enfants âgés de 10 à 12 ans, nous avons observé des diminutions de l’activité cérébrale dans les régions frontales (liées à l’inhibition motrice) en lien avec l’exposition pendant la grossesse à des insecticides organophosphorés, dont le chlorpyrifos (Binter et al.).

Ces résultats suggèrent qu’il existerait encore à l’âge de 10-12 ans un effet de l’exposition à ces insecticides pendant la grossesse sur le fonctionnement du cerveau des enfants; mais rien ne nous dit que cet effet persistera en grandissant.

Et maintenant ?

L'Europe cherche désormais à interdire la production et l'utilisation du chlorpyrifos à l'échelle internationale, en le proposant à l’inscription dans la liste des polluants de la Convention de Stockholm.

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